Vers la formation des communautés transnationales


di Associazione RomaDakar

7.

Par exemple il faudrait mieux développer au niveau transnational, les liens économiques crées par les migrants entre l’Italie et le Sénégal. Une circulation des personnes qui marche entre l’Italie et le Sénégal, la rencontre réussie entre les villes de Rome et de Dakar, tout cela passe aussi par le développement de projets productifs et d’entrepreneur. Presque tous les migrants sénégalais rêvent de développer leur activité en Italie et en même temps d’avoir un petit business au Sénégal aussi. Mais actuellement un nombre très petit peut réussir dans ce projet. Nous pensons donc que ce qui ne réussit pas au migrant seul, ça pourrait réussir à un sujet associé, organisé sous la forme d’une coopérative, un sujet qui sache s’y prendre aux deux contextes. Il faudrait favoriser la naissance des sociétés coopératives, constituées si possible de sénégalais aussi bien que d’italiens; ainsi ces coopératives auront plus de facilité à opérer au niveau d’entreprises entre le deux pays.

8.

Au niveau de la tutelle individuelle il faudrait renfoncer l’offre de services aux migrants; c’est ce que nous faisons chaque jour: d’informer, de communiquer les possibilités d’entrée régulière, de contester les décisions illégitimes de l’administration, d’effectuer des démarches administratives comme remplir des formulaires ou des modules, de mettre en réseau les informations et les opportunités. Nous essayons de rendre le migrant plus fort et plus conscient de ses droits, de rendre sa migration plus raisonnée et pour atteindre cet objectif il faut «transnationaliser» la tutelle, c’est-à-dire offrir les mêmes services dans le deux pays, comme en Italie ainsi au Sénégal. L’expérience d’une Agence pour la migration raisonnée à Rome comme à Dakar est un petit pas vers la création d’un véritable système de sauvegarde du migrant au niveau international.

9.

Cependant, il est bien évident que de se mouvoir dans le cadre des normes déjà en vigueur, cela ne suffit pas et qu’on a besoin d’une puissante action de réforme. Voici notre défi. Nous avons proposé surtout un majeur engagement des institutions italiennes par rapport à la question du retour des migrants. Nous trouvons inacceptable le fait qu’un migrant, dans ce moment si délicat où il fait le plan de sa «migration à l’envers» vers son pays d’origine, soit abandonné et qu’il n’existe pas un contexte institutionnel où son choix soit pris en charge et, d’une façon ou d’une autre, que ce choix soit aussi accompagné. Pour l’Italie le migrant qui retourne est simplement un élément manquant, une disparition, un trait de moins dans la statistique, un chiffre qui manque à l’occasion du prochain recensement national. Ainsi faisant l’Italie se prive et dilapide des savoirs, des compétences, des relations souvent construits par les migrants durant plusieurs années. Nous avons proposé donc la stipulation d’un statut du migrant de retour, un paquet de normes qui permettrait toute une série d’actions: la restitution aux migrants de la cotisation versée sous la forme de retraite, aussi bien de retraite anticipée; la stipulation d’accords bilatéraux en matière de droits de sécurité sociale; la suspension temporaire du permis de séjour pour une période par exemple de trois ans pour permettre aux migrants de se chercher une nouvelle collocation productive dans le pays d’origine, avec la possibilité de réactiver les droits de citoyenneté en Italie en cas d’échec.

Ce ne sera pas facile de pousser les institutions italiennes à s’engager pour la tutelle des migrants de retour. Cependant, le développement d’un véritable débat transnational entre l’Italie et le Sénégal va constituer une grande aide et peut-être une conditio sine qua non pour relever ce défi.