Bien fait_présentation du réseau Ndaari avec Karounga Kamara


de Rédaction

C’est avec une grande satisfaction que nous présentons l’une des réalisations récentes et les plus vitales de la diaspora sénégalaise. Il s’agit du réseau Ndaari, une expérience née dans la zone de Thies mais rapidement repandue à la grande partie du territoire du Sénégal. Nous en parlons avec Karounga Camara, concepteur et animateur du projet. C’est un grand plaisir pour nous de le rencontrer à nouveau après avoir lu son livre Oser le retour (vous pouvez lire ici notre critique) et l’avoir connu personnellement à Rome dans une initiative où il a été le véritable protagoniste.

Comment est née l’idée du réseau Ndaari et quels sont ses objectifs?

L’idée de Ndaari est née après deux constats: les expatriés Sénégalais ayant vécu quelques années en Europe, Amérique, Asie et même en Afrique et ailleurs, acquièrent de nombreuses expériences et des compétences dans leurs pays hôtes et les véritables valeurs de ces expériences sont souvent ignorées au pays d’origine.  Et à leur retour, ils sont souvent isolés. Ndaari a donc été créé pour rompre cet isolement, renforcer leur pouvoir d’agir pour en faire des acteurs de développement significatifs et ainsi bénéficier de l’expérience et de la compétence  de chacun.

Qui fait actuellement partie du réseau?

Ndaari réunit les expatriés sénégalais de retour, mais aussi les Sénégalais qui vivent toujours à l’étranger et qui ont le désir et le projet de retour.

Quelle a été votre dernière initiative?

Notre dernière initiative a été d’organiser une caravane de sensibilisation sur les méfaits de l’émigration irrégulière. Nous avons fait le tour  du Sénégal pour rencontrer les populations et discuter avec eux sur ce fléau qui tue des milliers d’Africains chaque année. L’idée n’était pas d’empêcher les jeunes de partir, mais de les informer sur les réalité et les  dangers de l’immigration par la mer et le  désert. Cette caravane a été un grand succès car nous avons pu atteindre des milliers de personnes, rencontrer des jeunes, des femmes, des migrants de retour et engager un dialogue sincère. Nous nous sentons légitimes de parler de ce problème parce que nous avons connu l’émigration et par conséquent, nous avons expérimenté la vie au Sénégal et à l’étranger.

Parlez-nous des coopératives auxquelles vous avez donné naissance. Qui les a promues, quelles activités exercent-elles, comment travaillent-elles sur le territoire?

Suivant les objectifs du réseau énumérés ci-dessus, notre principal but dans Ndaari est d’aboutir à la création de richesse en groupes et en communauté. Nous avons donc développé notre première coopérative agricole composée de 30 personnes pour le moment, tous membres du réseau Ndaari. Certains sont rentrés au pays et d’autres vivent encore à l’extérieur. Notre premier investissement  est sur un terrain de 2 hectares à Merina Dakkhar dans le département de Tivaouane, dans la région de Thiès, où nous nous cultivons des oignons. Nous venons de visiter le champ et nous nous attendons à faire la notre première récolte en début juillet 2019. C’est une expérimentation (c’est pourquoi nous n’avons pris que 2 hectares) et nous avons l’intention de la répéter plus largement, dans des terrains beaucoup plus vastes avec plus d’investissements,  et même de l’étendre à autres secteurs tels que l’agroalimentaire, la distribution, …etc.

Comment Ndaari sera-t-il dans deux ans?

Ndaari compte actuellement plus de 250 membres au Sénégal et à travers le monde. Nous sommes actuellement représentés dans 11 des 14 régions du Sénégal et beaucoup d’autres pays dans le monde.  Dans deux ans, Ndaari devra atteindre 500 membres, mais surtout pour avoir un impact réel sur le territoire national avec la création de différentes coopératives qui travailleront en synergie dans différents secteurs.